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mercredi 30 avril 2014

La Commune de Paris




La Commune de Paris, plus qu’un simple chapitre d’histoire nationale occupe une place fondatrice dans la Franc-maçonnerie contemporaine et plus particulièrement dans le Grand Orient de France qui a vu ses Frères parisiens se rallier au combat désespéré des insurgés du printemps 1871, contre le gouvernement
de Versailles aux mains de Monsieur Thiers.


 Certes, nous savons qu’elle n’a pas fait l’unanimité au sein du Grand Orient, mais avec le temps, elle est devenue un symbole essentiel de son idéal laïque et social, tant les maçons y furent impliqués.


Tout commence 18 mars 1871 par une décision maladroite de Thiers lorsqu’il
veut reprendre les canons, entreposés sur la butte Montmartre.


 Alors Paris entre en insurrection se déclare « Commune Libre », indépendante du
gouvernement.


 Le quart des élus de la Commune sont francs-maçons !

Quant à la politique suivie par la Commune dans les domaines, de la laïcité,
de la solidarité, de l’école, semble moins inspirée par le marxisme que par la
franc-maçonnerie. Il s’agit pour les Communards, de supprimer les injustices,
d’améliorer la vie quotidienne du peuple, par des réformes envisagées dans
les travaux des Loges du Second Empire.
Dès le 2 avril, les premières mesures, prises en assemblée générale sont : la
séparation de l’Eglise et de l’Etat et la suppression du budget des Cultes. Le
Frère Raoul Rigault se montre particulièrement actif dans la laïcisation des
services publics, notamment des hôpitaux, où les salles portant des noms de
saints sont débaptisées, les crucifix enlevés. Il faudra attendre 34 ans, le
9 décembre 1905, pour que se réalise enfin la séparation sous l’impulsion du
Frère Emile Combes.
Dans le domaine scolaire, beaucoup considèrent le Frère Edouard Vaillant
comme le véritable fondateur de l’école laïque, dont il jette les bases par
son arrêté du 22 mai, instituant la gratuité, créant les premières écoles
primaires de filles et les collèges professionnels. Son oeuvre, détruite par
Mac Mahon, sera reprise douze ans plus tard par le Frère Jules Ferry.
En matière sociale, les Frères Adolphe Assi et Benoît Malon proposent
des coopératives de production. La solidarité envers les plus démunis trouve
tout son sens dans l’interdiction des expulsions pour loyers impayés et le
décret du Frère Jour de daté du 7 mai, permettant aux débiteurs de retirer du
Mont de piété les objets de petite valeur, vêtements meubles, outils de travail.


Cependant, Thiers compte écraser cette expérience sociale qui fait
tache d’huile, à Lyon, Marseille, Toulouse, Narbonne. Il regroupe des troupes
autourde Paris.
Afin d’éviter un bain de sang, la maçonnerie s’unit pour tenter une démarche
conciliatrice entre Versailles et Paris. A l’initiative de la Loge « Les Disciples
du Progrès », un manifeste invite les adversaires :
« A poser les bases d’une paix définitive, qui soit l’aurore d’un avenir nouveau »
Mais, les tentatives de conciliations échouent face à l’intransigeance de Thiers
et les Loges parisiennes se rallient à la Commune et les maçons parisiens,
dans une réunion au Châtelet, dont le directeur est le Frère Tassy, prennent
une décision unique et historique de faire une dernière démarche en allant
planter leurs bannières sur les remparts de Paris, qu’une seule balle vienne à
les toucher, ils marcheraient d’un seul élan vers l’ennemi commun.


Et le 29 avril, plusieurs milliers de francs-maçons décorés de leurs cordons,
traversent le pont de Neuilly et plantent leurs bannières Porte Maillot, face aux
batteries versaillaises.


 A la vue des étendards maçonniques les canons se taisent. 
Thiers reçoit une délégation, affichant son mépris des arguments maçonniques.
 Le lendemain le feu reprend. Un premier franc-maçon tombe.
Formés en bataillon, les Frères, se saisissent de leurs épées, s’arment de
fusils, se battent jusqu’au bout, tombent par centaines…


Pendant la « Semaine Sanglante », du 21 au 28 mai, les troupes versaillaises
entrées dans Paris, tuent partout : sur les barricades, sous les portes cochères,
on achève les blessés à coup de crosse. Au siège du Grand Orient de France,
Rue Cadet, transformé en hôpital pour blessés, s’alignent, chaque jour un peu
plus, des cercueils de communards sur lesquels sont posés leurs insignes
maçonniques.
Dans la nuit du 27 mai, il y a des francs-maçons parmi les derniers à résister
dans les allées du Père-Lachaise.


 A l’aube il ne reste que 147 Fédérés que l’on exécute contre un mur.
C’était le dimanche 28 mai, un beau dimanche de printemps. Le massacre
s’était achevé suffisamment tôt pour permettre aux tueurs d’assister à la
messe.


 L’ordre régnait dans Paris...

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