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jeudi 30 octobre 2014

Neuvième cérémonie de remise du Prix de la Laïcité du Comité Laïcité République, en les salons de l’Hôtel de Ville de Paris

LETTRES ELECTRONIQUES N°Extraordinaire 72 Nancy, le 30/10/2014
Octobre Novembre Décembre 2014
AUX MEMBRES ET SYMPATHISANTS

Octobre-Novembre-Décembre 2014 : Spéciale Laïcité-CLR
Le club RÉPUBLIQUE SOCIALE remercie le COMITÉ LAICITÉ RÉPUBLIQUE de son invitation et salue son
initiative : Liberté-Égalité-Fraternité-LAICITÉ



De gauche à droite, Alain Rey-Hartmann, et Eric Tollenaere  secrétaire général et président du Club République Sociale



Prix de la laïcité 2014. Discours de bienvenue, par Patrick Kessel (Paris, 27 oct. 2014)










Président du Comité Laïcité République - 27 octobre

Mes premiers mots s’adressent au Maire de Paris, Anne Hidalgo, pour la remercier d’accueillir la 9e édition de la
cérémonie de remise des prix de la Laïcité, organisée par le Comité Laïcité République.
Il y a un an, nous formulions des voeux. Aujourd’hui, c’est chose faite. Anne est maire de Paris, maire de la capitale
de la République laïque. Ce fut pour nous une grande joie. C’est aussi un grand espoir pour les principes et les
valeurs que nous partageons. C’est grâce à Anne Hidalgo que nous nous retrouvons à nouveau dans cette
somptueuse salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Paris pour cette manifestation qui constitue désormais un rendez-vous
quasi-institutionnel de tous les laïques.

Nous nous connaissons depuis longtemps. Je sais que tu as toujours été une amie de la laïcité, de la liberté de
conscience, de l’égalité des droits. En témoigne le patronage laïque mis en place sous ta responsabilité dans le XVe
arrondissement avec notre ami disparu cette année, le président de la Libre Pensée, Marc Blondel, auquel je
souhaite rendre un hommage empreint d’émotion.
Je souhaite également saluer la présence de Patrick Klugman, Adjoint à la Mairie de Paris, chargé des relations
internationales et de la Francophonie, Bruno Julliard, Adjoint à la mairie de Paris, chargé de la culture et de Pierre
Bergé, membre fondateur du CLR, toujours fidèle dans son engagement.
Je souhaite également remercier Jean Glavany, député, ancien ministre, ancien chef de cabinet du président
Mitterrand, défenseur de la laïcité dans un contexte pas toujours facile, qui a accepté cette année de présider le Jury
du Prix de la Laïcité.

A vous tous, chers amis, bienvenue.

Vous êtes 587 à vous être inscrits, parfois venus de loin, de nos régions métropolitaines et d’Outre-mer, de
Belgique, d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Suisse, de Turquie, d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, du Congo, du
Gabon, du Benin, du Québec, d’Haïti et même d’Afghanistan.
Ce qui témoigne s’il en était besoin que la laïcité n’est pas franco-française, qu’elle est porteuse de valeurs
universelles, même si elle peut prendre des formes juridiques diverses dans chaque pays.
Votre présence massive et diverse montre également que la France demeure de ce point de vue, non pas l’exemple
que nous voudrions imposer, mais la référence éthique qui a nourri les grands mouvements d’indépendance et se
pose aujourd’hui en alternative à la barbarie qui se développe sous nos yeux. Qui menace d’engager l’humanité
dans une terrible régression obscurantiste. Une barbarie nourrie de haine, pétrie d’obscurantisme qui désigne
l’autre, l’alter - la femme en premier lieu - comme l’ennemi à humilier, à souiller, à avilir, à torturer, à exterminer.
Une barbarie en légitimant une autre, il n’est cette fois pas exagéré de citer Brecht et de dire que "le ventre est
encore fécond d’où est sortie la bête immonde".

De nombreux élus sont présents ou excusés : Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat ; Christian Bataille, député,
président de la Fraternelle parlementaire ; Françoise Laborde, sénatrice ; Odile Saugues, députée ; Gérard Delfau,
ancien sénateur ; André Bellon, ancien député ; Michel Hannoun, ancien député.
Plusieurs anciens ministres sont également parmi nous ou nous ont adressé un message de solidarité : Jean-Michel
Baylet, Alain Vivien, Guy Lengagne, André Henry, Michel Charasse, Anicet Le Pors, Yvette Roudy, Dominique
Nimi-Madingou, ancien ministre du Congo, Prudent Victor Topanou, ancien Garde des Sceaux, Porte-parole du
gouvernement du Bénin, Anne-Marie Lizin, ancienne Présidente du Sénat de Belgique et ancien ministre, et Jacques
Toubon, ancien ministre, Défenseur des Droits à qui nous souhaitons bonne chance pour ses nouvelles et
importantes responsabilités.
Parmi vous ou excusés, plusieurs préfets et sous-préfets, recteurs et anciens recteurs, membres de cabinets
ministériels, conseillers du Président de la République, du Premier ministre et du Président de l’Assemblée
Nationale.
Remise du Prix Laïcité 2013, en présence de Monsieur Manuel Valls, Ministre de l'Intérieur


Je souhaite également la bienvenue à :

Daniel Keller, Grand Maître du GODF, accompagné de Christophe Habas, Premier Grand Maître adjoint chargé de
la laïcité, et d’une importante délégation du Conseil de l’Ordre du GODF, et d’anciens conseillers ; des anciens
Grands Maîtres du GODF Gilbert Abergel, Guy Arcizet, Bernard Brandmeyer, Philippe Gugliemi, Jacques Lafouge,
Jean-Robert Ragache, Jean-Michel Quillardet, Bernard Brandmeyer et José Gulino ; Pierre-Henri Gouttière, ancien
Premier Grand Maître adjoint ; Jean Pierre Cordier et Jean-Pierre Catala qui président respectivement le Grand
Collège des Rites et le Grand Chapitre de France ; Michel Meley, Président du Droit Humain ; Catherine Jeannin-
Naltet, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France, accompagnée de Denise Oberlin, ancienne
présidente ; de Jean Verdun, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France ; et aux représentants de nombreuses
autres obédiences maçonniques impliquées dans la défense de la laïcité que je ne peux toutes citer : la Grande Loge
Mixte de France, la Grande Loge Mixte Universelle, le Grand Orient latino-américain, le Grand Orient et Loges
réunies du Congo, la Grande Loge de Turquie, le Grand Orient du Portugal.

Parmi vous également, de nombreux responsables et militants des associations laïques et syndicales. Sont ainsi
représentés : les 25 associations laïques du Collectif des associations laïques :

La CNPL ; SOS Racisme ; Ni putes,ni soumises ; la Ligue de l’Enseignement ; l’association Egales ; Regards de femmes ; Laïcité-Libertés ; Libres Mariannes ; la Ligue du droit international des femmes ; l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives
communautaires ; le Comité 1905 ; le CAEDEL ; la Licra ; l’Unsa ; Force ouvrière ; le Comité d’action laïque de
Belgique ; la Libre Pensée ; l’UFAL ; le CNAFAL ; Solidarité laïque ; l’Association des Libres Penseurs de France ;
la Clef, coordination française pour le lobby européen des femmes ; l’association égalité-justice ; Europe et Laïcité ;
Agir pour l’Afrique ; République sociale ; le Cercle Ramadier ; le Centre d’action laïque de Bruxelles ; l’association
Fontenay-Laïcité ; le réseau féministe Ruptures ; l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)...
Je souhaite enfin saluer ou présenter les excuses d’amis engagés sur nos chantiers communs : Louis Astre, Elisabeth
Badinter, George-Marc Benamou, Abdenour Bidar, Roland Castro, Charb, Eddy Khaldi, Guillaume Lecointre,
Samuel Mayol, Bernard Pignerol, Jean-Paul Scot, Malka Markovitch, Richard Malka, Albert Memmi, Gilles
Schilnecht, Malika Sorel, Alain Simon, Maya Surduts, Claude Vaillant, Linda Weil-Curiel.
Enfin, je souhaite tout particulièrement la bienvenue à trois grands comédiens : Jean-Claude Drouot, Pierre Santini
et Florence Roche, qui interprètent une formidable pièce de Bruno FuligniClemenceau-Jaurès, qui pose la question
"Quelle République voulons-nous ?" que je vous invite à visionner le lundi 10 novembre à 20h30 sur la chaine
parlementaire (LCP).



Enfin, en votre nom à tous, je souhaite saluer celle à qui, voilà deux ans, nous décernions le Prix national de la
laïcité, la courageuse directrice de la crèche Baby-Loup, Natalia Baleato.
L’an dernier, à cette tribune, Manuel Valls - devenu depuis Premier ministre - avait expliqué en quoi le destin de Baby Loup constitue un symbole déterminant pour la laïcité. Après avoir emporté une première victoire juridique,
partielle mais réelle, avec la décision de la Cour d’appel de Paris, cet été, la bataille s’est déplacée sur le plan politique puisque, vous le savez, la crèche laïque est désormais menacée financièrement, dès lors que la nouvelle
municipalité de Conflans-Saint-Honorine ne couvre pas les engagements pris par la précédente.
Une réunion importante aura lieu jeudi mais je lance à tous un nouvel appel à la solidarité financière pour permettre à Natalia et à son équipe de faire vivre Baby Loup.
Il y un deux ans, ici même, nous faisions le triste constat d’une laïcité malmenée, vilipendée, détournée. Et ce, au moment où le pays en a le plus besoin.
Nous avions mis en garde contre la montée des communautarismes qui, disions-nous, fragilisent la paix civile.

 La volonté de quelques-uns, cet été, d’importer en France la guerre entre le Hamas et Israël, la banalisation de l’antisémitisme et du racisme, montrent, s’il en était besoin, que nos inquiétudes étaient fondées.

Ce sont les principes de la citoyenneté républicaine qui sont attaqués et en tout premier lieu celui, fondateur, qui affirme que toutes les femmes et tous les hommes, quels que soient leur origines, la couleur de leur peau, leurs appartenances philosophiques, politiques, religieuses, sexuelles sont des citoyens libres et égaux en droits. Parler de
laïcité au coeur d’un certain tohu-bohu relève tout simplement de salubrité publique.

Il y a un an, nous dénoncions la très inquiétante tentative de hold-up de l’extrême-droite sur la laïcité. Nous avions
peut-être tort d’avoir raison trop tôt. L’actualité de l’année nous a malheureusement donné raison. Le Front national
est désormais le premier parti de France et se donne comme le meilleur défenseur de la citoyenneté et de la laïcité !
Ceci prêterait à rire si les choses n’étaient aussi graves.
Cela a été rendu possible parce que les républicains des deux rives ne se sont pas donnés les moyens de défendre
ces principes qui font la République, la laïcité en premier lieu. Parce que nous avons laissé s’installer la confusion
dans les têtes.
Nous constations le lourd bilan du quinquennat précédent en matière de laïcité : le discours de Latran qui plaçait
l’instituteur en-dessous du prêtre, la loi Carle mettant en place la parité du financement public entre écoles
publiques et confessionnelles, quand il y a encore 500 communes en France sans école publique, les tentatives de
révision de la loi de 1905... Arrêtons-la ce triste florilège.

L’an dernier, nous nous sommes félicités de la campagne présidentielle de François Hollande et de son discours du
Bourget, célébrant les retrouvailles de la gauche et de la Laïcité, alors que depuis des années, une partie de la
gauche avait fait preuve d’atermoiements coupables à l’égard du communautarisme et de peu d’intérêt pour une
Laïcité pourtant inscrite dans son histoire et sa culture.
Depuis, le président n’a pas manqué d’affirmer à plusieurs reprises son attachement à la laïcité. Des étapes
importantes ont été franchies avec le "mariage pour tous", la révision des lois bioéthiques, la réalisation d’une
charte de la laïcité à l’école publique - qui mérite d’être confortée -, la mise en place de l’Observatoire de la laïcité
qui, je l’espère, montera en puissance pour proposer des remèdes aux problèmes qui se posent à la laïcité en France.
Patrick Kessel, Commandeur dans l'Ordre de la Légion d'Honneur,président du CLR et Jean  Glavany, ancien ministre, membre de l'Observatoire de la Laïcité au titre du contingent parlementaire

Beaucoup reste à faire. D’abord pour s’assurer que la laïcité est réellement appliquée dans le service public, les
écoles, les hôpitaux, la police...
Ensuite, il faut prendre la mesure des risques que la montée des communautarismes religieux dans les entreprises
privées fait peser sur la paix civile. La loi ne prévoit pas que la laïcité doive s’y appliquer. Peut-on, parce que le
sujet est délicat, refuser de le poser et mettre la cendre sous le tapis au risque de l’enflammer ? Des entreprises, telle
Paprec, dont je salue le président, Jean-Luc Petithuguenin, ont pris des initiatives comme une charte de la laïcité,
votée à l’unanimité des collaborateurs.
Pour autant, cette méthode tiendrait-elle juridiquement si elle était attaquée ? Pas certain. Faut-il dès lors légiférer
ou à tout le moins adapter le code du travail ? Le débat doit être ouvert, sauf à laisser une nouvelle fois l’extrême
droite se nourrir des hésitations des républicains et mettre en place des syndicats "jaunes" comme ce fut le cas dans
les années 1960.

Aussi le Comité Laïcité République organisera-t-il un colloque sur le thème "Laïcité et entreprises", qui se tiendra
le samedi 13 décembre, toute la journée, à l’Assemblée nationale, et auquel je vous invite tous et vous demande de
vous inscrire au plus tôt auprès de la secrétaire générale.

La situation se dégrade également dans certaines universités et certains établissements d’enseignement supérieur.
Que faire ? La mission Laïcité de l’ancien Haut Conseil à l’Intégration (HCI) avait formulé 12 propositions, qui
méritent d’être analysées, débattues et non rejetées sans discussion.
Cette mission n’était en aucune sorte composée d’extrémistes et d’islamophobes comme certains veulent le faire
croire. Leurs propositions ne visaient pas à stigmatiser mais à assurer la paix sociale sur les lieux d’enseignement.
Je souhaite saluer l’animateur de cette commission Alain Seksig, injustement pris à parti cette année. Le Comité
Laïcité République organisera un second colloque sur “Laïcité et enseignement supérieur” au 1er semestre 2015,
également à l’Assemblée nationale.
Beaucoup reste à faire d’ici la fin du quinquennat. Je pense en particulier
au droit à mourir dans la dignité que souhaitent 85 % des Français,
à l’instauration d’une journée nationale de la laïcité permettant de faire connaître le sens de la Laïcité, qu’ignorent
beaucoup de nos concitoyens.

Nombre d’autres sujets mériteraient d’être étudiés que je ne peux tous citer.

Je pense au problème que pose le financement public d’associations qui se disent culturelles mais qui sont en vérité
le faux-nez d’associations cultuelles et communautaristes.
Je pense au Condordat pour lequel le collectif des associations laïques a proposé une transition concertée afin
d’aller vers le retour au droit commun.
Au coeur de la tourmente, chacun sent bien que si les questions économiques et sociales sont déterminantes, le lien
social doit se ressourcer aux principes républicains, en particulier à l’égalité et à la fraternité. La Laïcité constitue le
meilleur rempart contre l’extrême-droite et le racisme. Parce qu’elle fonde une communauté de destin, une
Fraternité citoyenne. Ce sont ces valeurs et ces principes que nous avons voulu honorer en créant ce prix de la
Laïcité.
Le jury indépendant a été notamment présidé par Elisabeth Badinter, Pierre Bergé, Jean-Pierre Changeux, Odile
Saugues, Charb, et, l’an dernier, par Boualem Samsal, écrivain courageux. Cette année, c’est Jean Glavany qui a
bien voulu assumer cette responsabilité. On sait son engagement en faveur de la laïcité, à un moment où il faut
convaincre ses adversaires mais aussi, parfois, certains de ses propres amis. Qu’il en soit remercié ainsi que tous les
membres du Jury.
Avant de laisser la parole à Jean, je souhaite remercier les personnels techniques de la Mairie, mes amis du CLR, en
particulier notre secrétaire générale Florence Sautereau. Vous le savez peut-être, tout ce travail a été réalisé
bénévolement puisque le CLR ne dispose d’aucune subvention et ne vit que des cotisations de ses membres.
Raison de plus, si vous le souhaitez, pour adhérer nombreux!!
Merci de votre présence. Et sans plus attendre, je cède la parole au Président du jury du Prix de la Laïcité 2014.

Une femme afghane, un chef d’entreprise français et deux philosophes, lauréats du Prix
2014 de la Laïcité

Une militante afghane, un chef d’entreprise français et deux philosophes sont les lauréats de la9e édition du Prix
de la Laïcité, décerné ce lundi 27 octobre 2014 à la Mairie de Paris, en présence de la Maire de Paris, Mme Anne
Hidalgo, du Président du jury, Jean Glavany, député et ancien ministre, et de Patrick Kessel, Président du Comité
Laïcité République, organisateur de la manifestation.
Le « Grand Prix international » a été attribué à Mme Shoukria Haïdar, présidente de l’association NEGAR de
soutien aux femmes afghanes, défenseure de la laïcité, de l’égalité entre hommes et femmes, de l’éducation pour
tous, et en particulier des filles, et des droits des femmes.
Le « Grand Prix national » a été décerné à M. Jean-Luc Petithuguenin, président de Paprec Group, entreprise de
4500 personnes qui a mis en place une charte de la laïcité dans l’entreprise. Cette charte a été adoptée par un
vote à l’unanimité des salariés et contribue à un réel vivre ensemble au travail.

Le jury a par ailleurs attribué deux prix spéciaux à deux philosophes pour la force de leur oeuvre en faveur de la
laïcité. Il s’agit de :
Catherine Kintzler, professeur honoraire à l’université Charles de Gaulle Lille III, Vice-Présidente de la Société
française de philosophie (dernier ouvrage paru :Penser la laïcité, Ed. Minerve 2014),
Henri Pena-Ruiz, philosophe, écrivain, maître de conférences à Sciences-Po Paris (dernier ouvrage
paru : Dictionnaire amoureux de la Laïcité, ed Plon 2014).



Prix de la laïcité 2014. Discours de clôture, par Philippe Foussier (Paris, 27 oct. 14)
Président délégué du Comité Laïcité République

Chers amis,
 Philippe Foussier, président délégué du Comité Laïcité République


Finalement, les choix sont simples. Et nous sommes à un moment particulier, où il est peut-être encore temps
d’éviter dans les années qui viennent à notre pays une expérience politique funeste. Le 25 mai est passé par là, qui a placé le Front national en tête des partis de France.
Allons-nous laisser prospérer ceux qui exaltent encore et toujours les différences ?
Ceux qui veulent d’abord insister sur ce qui nous distingue les uns des autres ?
Ceux qui veulent toujours mettre en avant les soi-disant identités ?Ceux qui veulent toujours se définir ou définir les
autres par leur couleur de peau ? Par leur religion, réelle ou supposée ? Par leur origine ethnique ? Par leurs racines,
par les liens du sang, par leurs gênes, par leur héritage biologique ? Ceux qui pratiquent l’amalgame permanent,
notamment vis-à-vis de la religion musulmane ? Ceux qui postulent que parce qu’on a un nom à consonance arabe
on est nécessairement musulman et pire, on est obligatoirement croyant et pratiquant ?
Mais n’a t-on pas le droit aussi dans cette tradition d’être agnostique, d’être athée, d’être critique vis-à-vis des religions, y compris la sienne, de blasphémer ? Il faut croire que non, et l’enfermement communautaire,l’assignation identitaire, ils sont certes l’oeuvre de l’extrême droite - qui en douterait, toute son histoire le démontre ! - mais ils sont aussi l’oeuvre de courants différentialistes, essentialistes, communautaristes,
« multiculturalistes » disent-ils pour faire « joli », qu’on trouve tout autant à gauche, à l’extrême gauche qu’à
l’extrême droite.
Oui, il faut le dire nettement parce que nous sommes à une période importante en termes de choix de société.
Certains préparent le terrain pour l’extrême droite en accréditant ses thèses différentialistes, certains légitiment son
discours en postulant une prétendue irréductible différence entre les hommes de culture, de religion ou d’ethnies
distinctes.
Rappelons-nous, cela n’a pas été inventé par les Afrikaners du régime d’apartheid, cela n’est pas né au Club de
l’Horloge, au GRECE ou au FN : il y a précisément 3 ans, au printemps 2011, une Fondation distinguée qui, dit-on,
aurait une influence dans certains courants de gauche, proposait d’édifier en France une « citoyenneté musulmane ».
Rien moins.
Mais les mots ont un sens ! Une citoyenneté musulmane pour les musulmans de France, c’est donc logiquement une
citoyenneté protestante, juive, catholique, orthodoxe pour tous les croyants de notre pays ! Pourquoi certains et pas
d’autres ? Et que fait-on des agnostiques et des athées ? J’arrête là tant nous voyons bien que la confusion des
principes gagne y compris –et peut être surtout- certaines de nos élites intellectuelles et médiatiques.
Face à cela, qu’avons-nous à dire ? Tout simplement que nous refusons cette logique de l’exaltation des différences,
de la mise en exergue des distinctions, du port en bandoulière de son appartenance à tel ou tel groupe. Voulons-nous
être des citoyens ou des membres d’une communauté, astreints à l’assignation identitaire ?


Nous avons choisi ! Nous voulons être des citoyens, dans l’esprit défini par la Déclaration des droits de l’homme et
du citoyen à laquelle se réfèrent tous ceux qui dans le monde savent ce qu’elle signifie, et qui le paient parfois très
cher. Nous ne sommes pas sots. Nous savons que l’héritage des Lumières est contesté bien au-delà des courants
réactionnaires.

Pour nous, les choses sont claires. Nous refusons l’apartheid, qu’il soit pensé par des théoriciens de la Nouvelle
droite ou par ceux d’une hypothétique Nouvelle gauche. Nous refusons l’assignation identitaire, le postulat selon
lequel parce que nous avons tel ou tel héritage culturel ou cultuel nous y serions cantonnés pour l’existence entière.
Nous voulons être des femmes et des hommes libres et égaux en droits. Il y a pour cela des principes intemporels et
simples à comprendre et à défendre, sauf pour ceux qui y sont opposés, bien sûr.
Club RÉPUBLIQUE SOCIALE 4, Rue Maurice Barrès – 54220 MALZÉVILLE
Mail : clubrepubliquesociale@yahoo.fr Blog : http//erictollenaerealainreyhartmann.blogspot.com

Merci au CLR et à son Président
Le président du club RS